En réponse à la FPJQ (29 janvier 2010 23:42)
par : L'équipe Photo-media.ca
(La « newsletter » hebdomadaire de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec met ses abonnés en garde contre les sites qui se spécialisent dans les faits divers)
Lire la lettre également sur leur site http://www.fpjq.org/
Fanas… ou innovateur
La popularité des sites comme Photo-media.ca est directement liée au phénomène grandissant du journaliste citoyen mais aussi à cause de la Montréalisation de l'information. Cette tendance s'observe dans le domaine du fait divers. Les résidants de Lavaltrie, de Fossambault-sur-le-Lac ou encore à Maliotenam veulent connaître ce qui se passe près de chez eux. Avec la technologie d'aujourd'hui, nous offrons à quiconque a pris des images de les diffuser.
Malgré la volonté des médias traditionnels, avec des outils comme mon topo par exemple. Le contenu est tout de même filtré et seulement une petite quantité ira on ligne ou en onde. Or de notre côté, nous diffusons pratiquement tout ce que nous recevons.
Privilège ou présence
« Ils entretiennent souvent une grande proximité avec les services de police et de pompier. En échange, ils reçoivent de ces services un accès privilégié aux événements », écrit la FPJQ
N'est-ce pas là la façon de fonctionner des grands médias? Comme pour les journalistes, le rôle des preneurs d'images est de gagner la confiance et le respect de ceux qui prodiguent les entrées. La recette est simple : terrain, terrain, terrain. Un photographe a beau être envoyé par le Globe & Mail, s'il n'a pas la confiance du cerbère, qui relève le plus souvent de l'arbitraire, il ne pourra pas s'approcher davantage d'un sinistre
« Un photographe de presse d'un quotidien montréalais affirme avoir été tenu à l'écart d'un incendie par les pompiers qui permettaient pourtant à ces fanas d'incendie de se trouver au coeur de l'événement et à qui ils donnaient l'exclusivité », rapporte la FPJQ Et c'est la faute des « fanas »? Le rôle de la FPJQ est de faciliter l'accès à l'information, pas de le restreindre sur des bases purement corporatistes. Ça revient à lâcher les baskets aux Hell's Angels pour faire la chasse aux junkies. Or le problème ne peut se régler qu'à sa source : auprès des services d'urgence qui élargissent les périmètres de sécurité. Mais c'est plus long, plus ardu que de tenter de museler ceux qui ont développé leurs médias indépendants.
Encore une fois : terrain, terrain, terrain.
Les fanas – et les « vrais », eux, on les appelle comment? – ont développé leurs réseaux de contacts. Si les « grands médias » ont peu à peu délaisser le terrain, ils n'ont qu'eux à blâmer. Jamais je ne croirai que les infâmes « fanas », ces « amateurs » devront rappeler à la FPJQ comment nouer un réseau de contacts et comment gagner la confiance des intervenants! Montrer du doigt les sites de faits divers équivaut à demander l'abolition des blogues parce qu'ils ne sont pas produits par de « vrais » journalistes.
Notre faute ou la leur
Les chiffres éloquents au plan de la fréquentation des sites de faits divers démontrent deux choses : il y une demande de la part du public pour ce type d'information et il s'agit visiblement d'un créneau que les grands médias occupent peu et mal. En information comme ailleurs, c'est le jeu de l'offre et de la demande qui régit la donne. Il faudra composer avec la présence de nos sites et je doute que l'attitude condescendante et corporatiste de la FPJQ débouche sur des pistes de réflexion fécondes.
Gérard Legault Éditeur Photo-media.ca Et Photographe de presse pigiste (membre de la FPJQ)
Mon blogue http://leblogdeglegault.blogspot.com/
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